À la veille de Noël… cette distorsion semble si réelle…

Ce post est écrit depuis quelques semaines, mais je n’avais pas la force de le publier. Alors en ce matin de  la veille de Noël, je me lance. Ce post est un des plus personnels que je ne pourrai jamais écrire. C’est à mon tour d’être vulnérable.

Je veux avant tout de vous souhaiter tout le bonheur du monde et surtout un merci immense à celles qui ont laissé aller leur vulnérabilité devant mon objectif en 2014. Vous êtes belles, vous êtes uniques et personne ne pourra vous enlever cette partie de vous si vous croyez en vous. Au plaisir de se revoir ou de vous rencontrer en 2015! xx

C’est suite à la diffusion du documentaire de Léa Clermont-Dion Beauté Fatale diffusé dernièrement sur TéléQc que j’ai pris la décision d’écrire ce post. Ce documentaire est venu jouer dans une corde qui est encore sensible pour moi. Alors ce post se voit très personnel. Un post que je n’aurais jamais pensé écrire un jour, du moins publiquement. Mais je crois sincèrement que mon choix de métier et surtout mon choix d’offrir un volet Boudoir provient de mon passé. Je demande aux femmes qui viennent en studio d’être vulnérables, d’aller puiser au plus profond d’elles-mêmes, alors maintenant je vous rend la pareille. Prenez le comme un cadeau de Noël…

Plusieurs pointent du doigt la société, les produits de beauté, les marques, les poupées, les publicités et même les barbies… Et ce sont leurs choix. Parfois cette distorsion est beaucoup plus près que l’on pense…  Pour cet exercice, il me faut me replonger assez loin dans mes souvenirs (du moins, ceux qui refont surface)…

Je prend une grande respiration… c’est parti.

J’ai 11 ou 12 ans. C’est Noël. Il y a du monde, beaucoup de monde. Il fait chaud, c’est bruyant et la boisson a commencé à se faire sentir pour certain… J’ai toujours senti un certain regard fatiguant sur moi de la part de cette personne, vous savez, ce genre de regard malaisant. Un regard qui vous glace, qui vous gêne, qui fait peur… Je l’ai senti bien avant mes 11 ans, mais je n’ai jamais vraiment compris l’émotion qui montait en moi à tous les coups. Sauf ce fameux 24 décembre 1988 ou 89. Ce soir là, avec ce même regard routinier, il y a eu cette fois 5 mots. « Amélie, ça pousse, ça pousse… »

BANG!

J’ai fondu en larmes. Point. Terminé. Final bâton. Tsu-na-mi. Pour moi, c’était la fin du monde. Mon estime de future femme venait de prendre le bord soufflée par l’odeur de dinde et de boisson cheap. Mon cerveau a alors enregistré qu’une femme, ça se fait juger et surtout ça se fait dévisager. Que le respect pour celle-ci est éphémère ou très sélectif. Du moins, de la part de certains hommes. Ce soir là, j’ai compris beaucoup trop de chose pour mon âge, mettons.

Le début de la fin.

Perte d’estime de moi, craintes, peurs, comparaisons. Ce tsunami a apporté avec lui son amie la Boulimie vers l’âge de 14 ans. J’ai souffert pendant quelques années de ce malêtre, ce cancer de l’âme. Même si j’y ai survécu, il m’arrive encore de faire des rechutes et ce trouble de l’alimentation est toujours dans mes pensées. Avec cette maladie est arrivée l’identité sexuelle. J’ai longtemps voulu cacher ma féminité. Il y a même des fois où je me disais que si j’étais née un homme, la vie aurait été bien différente… J’ai pris la sage décision de changer de disque et de me faire aider lorsque j’ai vu le contenant d’une boîte de pilules vide sur le plancher de la salle de bain et moi, couchée sur la froideur de la céramique. J’avais touché le fond… J’ai alors fait totalement l’inverse de la boulimie et j’ai commencé à compter mes calories et tout couper.Quand je dis tout, c’est tout.

J’ai vieilli, j’ai grandi, et heureusement j’ai progressé sur beaucoup de points. Jusqu’à l’arrivée de mes enfants…

Je m’étais dit que si j’avais des garçons, j’allais leur inculquer le respect de la femme dès leur plus jeune âge. (ce que je fais peut-être un peu trop…) Par contre, les moments qui ont suivi mes deux accouchements ont été très pénibles par rapport au regard que j’avais sur mon nouveau corps: vergetures, beaucoup de vergetures, peau étirée, hanches plus larges, etc. Mais j’y suis arrivée. Je ne suis pas encore capable d’embrasser complètement la femme que je suis, mais lentement. Je le sais.

Alors, quand je photographie des femmes qui me disent qu’elles ne sont pas belles, qu’elles ne sont pas capables de faire des photos Boudoir, qu’elles attendent de perdre X poids, ça vient chercher cette petite fille en moi de 11 ans. J’ai alors envie de vous crier que vous êtes belles telles que vous êtes et que nous vivons dans une distorsion qui semble malheureusement si réelle…

Avec vulnérabilité,

Amélie xx

 » Lorsque les gens vous montrent qui il sont vraiment, croyez les » -Maya Angelou

Le visage de ma confiance

La vie est un film. La majorité du temps, les couleurs y sont très belles, mais parfois il est en noir et blanc…

Mais depuis son arrivée dans ma vie en 2002, il a été mon repère secret, mon ancre, ma passion, ma fierté, ma raison, mon coeur, mon but, ma force. Il est le visage de ma confiance, celle que je n’ai jamais eu. Il est celui qui a tout laissé tombé pour venir s’installer ici afin que notre histoire prenne vie.

Avec lui, j’ai bâti une vie que je n’avais jamais imaginé, une vie que je ne changerais plus maintenant. Le visage de ma confiance est bien sûr mon mari. Mais cet homme peut être une soeur, une amie, une mère, une fille, une cousine, une voisine, une femme de coeur, tout simplement.

J’ai décidé d’écrire ce petit post aujourd’hui, car je suis TOTALEMENT en amour avec cette chanson de Michael Bublé: http://youtu.be/LoEWmc60wJY

Lorsque je l’écoute, j’ai les émotions à fleur de peau. Profitez de cet temps de réjouissances pour dire à vos proches et à celui ou celle qui vous fait sentir unique qu’il est important dans votre vie. La vie est fragile et malheureusement, on ne dit pas ces choses là assez souvent.

Love you xx